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 L'Amour est un pêché mortel ... et tant mieux !

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Mon amour est vénéneux
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Aeris L. Thorne

Mon amour est vénéneux
MessageSujet: L'Amour est un pêché mortel ... et tant mieux ! L'Amour est un pêché mortel ... et tant mieux !  I_icon_minitimeMer 4 Sep - 12:18

ID CARD
Nom : Thorne
Prénom : Aeris
Sang : Pur
Âge : 19 ans
Nationalité : italo britannique
Métier : oisive et, à ses heures perdues, co dirige l'entreprise familiale
Statut : libre
Orientation sexuelle : hétérosexuelle

Célébrité : Olga Kurylenko
CARACTERE
Dix adjectifs minimum.

Ombrageuse – Colérique – Charmeuse – Versatile – Impulsive - rancunière - Perverse - Cruelle - Possessive - Egocentrique - Narcissique - Orgueilleuse - Fière - Arrogante - Dénuée de toute conscience ou morale - Joueuse - Chasseresse - Fumiste à ses heures -
HISTOIRE
Cinq cent mots minimum.

We don't need a daughter



«  Ne t'avises plus jamais de seulement oser prononcer ce nom devant moi, compris ? »

Les lèvres tremblantes de la jeune fille aux boucles blondes se mirent à frémir tandis que ses prunelles azurées imploraient leurs homologues de jade de ne pas lui faire de mal. Mais celles-ci dardaient des éclairs argentés qui ne laissaient rien présager de bon. Pendant de très longues secondes qui parurent à la blondinette des heures la demoiselle Thorne la maintint encore par la gorge, sa baguette braquée sur son torse menu. La jeune héritière abandonnée semblait dangereusement hésitante. Non, la question n'était pas de savoir si elle allait ou non relâcher sa proie mais bien plus de savoir quelle serait la nature de ce châtiment qu'elle allait lui infliger pour ainsi avoir osé prononcer le prénom de ce jumeau qu'elle ne connaissait pas même ! La famille était un sujet bien épineux pour Aeris et quiconque osait seulement l'aborder de façon un peu trop appuyé en payait immanquablement les conséquences ! L'on pouvait bien se moquer de son allure souvent bien trop apprêtée pour une adolescente de son âge, de son côté obséquieux envers les professeurs ou de son côté solitaire, la demoiselle ne supportait pas que l'on parle de cette histoire qu'elle-même avait encore du mal à digérer. Qui lui restait même tout bonnement en travers de sa gorge diaphane...

La famille... Comme si cette notion sociale déterminait ce qui faisait l'essence même d'un individu ! Comme si, pour qui avait la malchance d'en être privé, l'avenir devait forcément se résumer à une quête effrénée de ces racines qu'une existence cruelle lui aurait dérobées ! Foutaises ! Aeris n'avait pas besoin de connaître les siens pour savoir qui elle était ! Non ! Jamais ! Jamais... Ces gens n'étaient rien pour elle ! Ils avaient pris leur décision, décidé de l'écarter de leur si jolie petite vie cossue ? Qu'ils demeurent donc en Angleterre et qu'ils y crèvent la gueule ouverte dans les pires des souffrances tiens ! Elle s'en contrefichait bien... Ou du moins était-ce ce qu'Aeris s'évertuait à prétendre lorsqu'elle ne pouvait éviter les questions embarrassantes sur cette famille qui était pourtant la sienne. Mais, en réalité, dès que la solitude redevait sa seule compagne et amie, la jeune fille s'autorisait l'un de ces rares moments de faiblesse et oscillait entre la plus profonde et pure des haines et un torrent de larmes de frustration qui finissait par la plonger dans un sommeil agité. Pourquoi ? Pourquoi ses parents l'avaient-ils éloignée, abandonnée, alors qu'ils avaient désiré garder ce frère jumeau dont elle ne connaissait que le prénom ? Pourquoi elle et pas lui ? La réponse, douloureuse et cinglante, elle avait fini par l'obtenir. Il y avait tout juste quelques mois de cela. Quand, pour la toute première fois de sa vie, son père, son géniteur comme elle aimait à le nommer avec dédain, était venue la visiter dans ce pensionnat pour sorciers fortunés où il l'avait sciemment envoyée.

Jamais elle n'oublierait ce jour, ce moment où la directrice de Beauxbâtons l'avait convoquée dans son bureau.  Elève sage et disciplinée, toujours première en classes, Aeris n'avait pas de suite compris la raison ni même le besoin d'un tel entretien. Ce ne fut que lorsqu'elle découvrit la présence dans le bureau de cette femme qui l'avait élevée et d'un homme, un inconnu, qu'elle avait sentit le parfum de souffre de la situation. Ses prunelles d'émeraude étaient venues à la rencontre de leurs homologues masculines et, de façon quasi instantanée, Aeris avait su. Ce teint de porcelaine si semblable au sien. Ces traits délicats mais empreints d'une certaine autorité naturelle. Cette étincelle de froide détermination qui illuminait et conférait au regard de l'inconnu une cruauté sombre... Alors qu'elle le regardait fixement, se souciant alors bien peu des convenances et des usages, c'était elle qu'Aeris voyait. Et lorsque la voix de la directrice s'éleva, tremblante et presque confuse, assénant une vérité qu'elle avait déjà devinée, la belle élève ne marqua pas la moindre surprise. Pas la moindre émotion ne vint transpirer sur ce visage à la douceur bien trompeuse. Ainsi il était son père ? Et alors ? Comment était-elle supposée réagir ? Devait-elle se jeter au cou de ce géniteur qui osait, sans la moindre vergogne, réapparaître dans sa vie après près de quatorze ans de silence total ? Qu'espérait-il ? Qu'elle se monte compréhensive et lui pardonne de l'avoir ainsi rejetée ? Cela aurait été bien mal la connaître ! Mais, avait-elle alors songé non sans une pointe d'ironie et de sarcasme, comment aurait-il bien pu la connaître puisque, à peine son premier cri poussé, il avait confié Aeris, la chair de sa chair et le sang de son sang, à une nourrice qui, les années aidant, avait fini par devenir la figure maternelle qui faisait tant défaut à la jeune orpheline.

Aeris avait grandi dans l'ignorance totale de ses origines. La jolie fable qu'on lui avait narrée faisait d'elle une héroïne digne des écrits de Victor Hugo. Née dans une famille sans le sou incapable de subvenir à ses besoins, elle avait été abandonnée devant la porte d'une église avant que des sœurs ne la recueille et ne la confie à cette si bonne âme qui, depuis lors, avait pris soin d'elle. Aeris le savait et le reconnaissait aisément : elle n'avait jamais manqué de rien. Sa nourrice lui apportant tout l'amour et l'attention dont une enfant aurait pu rêver. Et, pendant longtemps, la petite fille avait accepté son sort sans même se soucier de la réalité. Quelle que puisse être celle-ci d'ailleurs... Certes, par moments, il lui arrivait de penser qu'elle était, en réalité, la fille d'un roi de conte de fées et que celui-ci, poursuivi par des monstres hideux, avait préféré l'éloigner plutôt que de lui faire encourir le moindre risque... Vision romanesque au possible mais totalement erronée ! Aeris, d'ailleurs, ne fut pas longtemps dupe de ses propres illusions. Car, dès qu'elle reçut sa lettre pour Beauxbâtons, le voile du mensonge recouvrant soigneusement ses origines avait commencé à se déchirer . Sa nourrice et elle ne manquaient peut-être de rien mais elles étaient pourtant très loin de baigner dans l'opulence ! Et ces sommes astronomiques de gallions qui avaient commencé à surgir des bourses de sa nourrice pour couvrir tous les frais inhérents à la scolarité n'avaient pas manqué de titiller la curiosité de la toute jeune demoiselle. Aujourd'hui elle comprenait mieux ! Cet argent était le sien... Celui de son père du moins qui, piqué par une bien étrange mouche ou peut-être désireux d'apaiser sa conscience, donnait en gallions trébuchants ce qu'il se refusait à donner autrement... Minable... Voilà le seul mot qui vint à l'esprit de la jeune femme alors que l'homme tentait de se justifier. Mais voyons... Comme si quoique ce soit aurait pu effacer près de quatorze ans d'abandon !

Pourtant, curieuse et estimant que des explications lui étaient dues, Aeris fut fidèle à sa réputation et se tint aussi sage qu'une image. Mais si ses airs demeurèrent angéliques tout le temps que durèrent ces retrouvailles (comme les appela son père) ses pensées, elles, devenaient d'instant en instant plus sombres. Et il lui fallut faire de bien gigantesques efforts sur elle-même pour ne pas laisser exploser sa rage et sa fureur ! Ire qui ne s'éteindrait pas avant de très longs mois... Mais quoi de plus normal après tout ? Sa vie reposait sur un mensonge éhonté et la Vérité, aussi mirifique pouvait-elle sembler, était d'une monstruosité incommensurable ! Contrairement à ce qu'elle avait toujours pensé, Aeris n'était pas orpheline. Ses parents, les Thorne, étaient bel et bien en vie. Quant au mythe selon lequel ils auraient été trop pauvres pour pouvoir l'élever décemment … La jeune adolescente eut vite fait de découvrir la vérité aussi. Ses parents étaient, en fait, de richissimes sorciers britanniques. Sans doutes l'une des plus ancienne et colossale fortune de Grande Bretagne. Bien que la question la démangea fortement, Aeris s'abstint de demander pourquoi, pour quelles raisons donc, ils l'avaient rejetée. Elle ne souffrait d'aucun handicap physique ou mental, possédait un physique des plus gracieux et une intelligence indéniable donc... Pourquoi, par Merlin, l'avaient-ils ainsi éconduite ! La réponse était tombée. Cinglante, froide et cynique au possible. Elle était une fille... Et comme son jumeau était, lui, un garçon, son père avait purement et simplement décidé qu'elle était de trop. Il avait son héritier, un garçon qu'il entendait bien pouvoir modeler à son image. Elle, était donc un superflu dont il s'était fort bien passé visiblement. Aeris avait senti ses jambes flageoler et menacer de la lâcher devant l'attitude, presque détachée, de son géniteur, alors qu'il passait aux aveux. Une fille... Ils l'avaient abandonnée parce qu'elle était une fille..




Fate is in progress



La nouvelle avait eu l'effet d'un Sort Impardonnable sur la toute jeune adolescente qui, suite à ses révélations, était demeurée plusieurs journées cloîtrée dans sa chambre. Aeris ne mangeait ni ne parlait, semblant sous le choc. Et, en parlant de choc, celui-ci avait été plutôt rude ! En une poignée de minutes, tout juste deux heures, elle avait du encaisser tant de nouvelles qu'elle avait eu bien du mal à démêler les nœuds quasi inextricables de ses émotions. Pendant des années elle avait vécu en se contentant de ces mensonges honteux qu'on lui avait servis, en faisant la plus douce des vérités. Elle ne manquait de rien et avait même réussi à nouer la plus tendre des complicités avec cette femme qu'elle appelait affectueusement Mummy. Cette même femme dont, aujourd'hui, elle ne pouvait prononcer le prénom sans de violents haut le cœur. Elle lui avait menti ! Et, cela, Aeris ne le pardonnerait jamais ! Que cet homme, ce Mage Noir apparemment, ait pu mentir ne l'étonnait ni l'ébranlait. Que pouvait-elle espérer de plus de la part d'un homme qui avait abandonné son propre enfant tout cela parce qu'elle était de ce que l'on appelait -à tort Aeris en avait déjà bien conscience- le sexe faible ? Pas grand chose cela était une évidence ! Mais de cette figure maternelle qu'elle aimait sincèrement... Le mensonge, même par omission, ne passait pas. Et il ne passa jamais d'ailleurs. Jamais Aeris ne pardonna, préférant passer toutes ses vacances chez ses rares camarades de classe qu'elle pouvait honnêtement nommer des amis plutôt que chez cette femme qui, à ses yeux d'adolescente rebelle et tourmentée, n'était plus qu'une odieuse traîtresse ! Par sa silencieuse complicité cette femme avait ruiné sa vie et cela était bien au-dessus des forces de l'héritière Thorne de pardonner ni même de simplement tenter de comprendre. Et pour cause !

Du jour au lendemain, son nom lui fut rendu, son père ayant eu l'extrême bonté d'enfin la reconnaître de façon officielle. Aux yeux de tous elle était dorénavant la seconde héritière Thorne. Et son nom suscitait autant de jalousie que de craintes. Sa famille, dont la fortune était soit-disant bâtie sur ce florissant commerce de potions, était aussi influente que renommée. Même si, niveau gloire, celle-ci se patinait d'une aura bien sulfureuse. Car, comme elle ne tarda pas à l'apprendre -une fois de plus de la bouche même de son géniteur qui, maintenant, venait la voir chaque semaine, les siens étaient surtout de puissants mages noirs à la solde de Lord Voldemort. Jusque là inconsciente, et parfaitement indifférente aussi il fallait bien le dire, à ces conflits qui secouaient le monde sorcier un peu partout sur la planète, Aeris commença doucement à en saisir l'importance. Le Bien et le Mal... Notions très académiques et subjectives à ses yeux d'enfant surdouée. Ce qui était le bien de l'un apportait souvent le mal a un autre et vice versa. Et elle pensait que son père, dont elle se rapprochait à sa plus grande surprise, jouait avec un feu bien dangereux. Un jour viendrait où il paierait pour ses crimes, Aeris le savait.   Mais, une fois de plus, elle se garda bien de tout commentaire. Son père ne l'aurait pas toléré et, bien qu'elle fut incapable de comprendre cette saugrenue pensée qui l'assaillait, la jeune fille sur le point de devenir femme ne supportait pas l'idée de pouvoir s'éloigner à tout jamais cette fois. Non, elle ne l'aimait toujours pas et dire qu'elle éprouvait pour lui le moindre respect eut été mentir. Mais, pour autant, Aeris avait besoin de lui, de le voir et de lui parler lors de ces visites hebdomadaires qu'il lui rendait. Quoiqu'elle en pense, et même si cela lui donnait encore le tournis, cet homme était le seul et unique pont entre sa vie -soudainement bien misérable à ses yeux- et cette famille dont elle ne savait que ce que Thone voulait bien lui en dire. Et c'était très peu. Vraiment très peu même...

De cette femme, sa génitrice ou sa mère selon le point de vue, l'homme parlait souvent. Il lui confiait qu'elle en possédait la même beauté et la même douceur . Sorcière de sang pur, elle était issue d'une famille aisée et amie des Thorne. De ce que Aeris en comprit le mariage avait été arrangé et totalement dénué d'amour. Plus que ses parents s'étaient leurs familles qui s'étaient épousées comme elles auraient pu signer le plus juteux des contrats d'affaires. Deux lignées au sang vraiment pur. Deux fortunes et deux noms. Une union de raison comme il y en avait encore tant dans le monde magique. Elle qui aimait a virevolter d'un flirt à un autre sans même songer a jamais tomber amoureuse avait du mal à saisir l'importance de cette pureté dont ne cessait de lui parler don père. Peut-être aurait-elle mieux fait de se méfier alors... Car, d'ici seulement quelques mois, le sujet de la pureté reviendrait sur la table et d'une façon que, ce jour là, Aeris était encore très loin d'imaginer. Mais, ce jour-là comme tous les précédents et ceux qui suivirent, la jeune femme n'avait d'yeux que pour cet homme qui lui avait apporté un nom, une richesse que nul pas même elle ne pouvait dédaigner et un avenir des plus brillants. Du moins était-ce ce que son père lui avait promis. Mais, comme la jeune fille s'y attendait, les choses ne prirent pas vraiment la tournure espérée. Lord voldemort rencontrait une sérieuse opposition et nul ne pouvait prévoir quelle serait l'issue du combat qui larvait déjà. Aeris, encore insouciante, s'en fichait toujours. En France, toujours interdite de mettre le pied sur le territoire britannique, sa vie se déroulait le plus paisiblement du monde. Mais il y a un jour, c'était il y avait tout juste trois ans, la visite de son père vint, une nouvelle fois, bouleverser la donne. Bien mauvaise et désagréable manie que celle-ci !

Aeris venait de fêter ses dix-sept ans ce qui faisait d'elle une adulte à part entière. Ses ASPICS en poche elle envisageait de poursuivre de prestigieuses études supérieures lorsque son père vint mettre un terme à ses aspirations et à ses rêves. Venu, soit-disant pour fêter et célébrer comme il se devait, le diplôme de sa fille, Aeris ne mit pas longtemps à découvrir que l'homme avait bien d'autres idées en tête. Et celles-ci étaient plutôt étonnantes. La première fut comme une gifle que la belle jeune femme reçut en pleine figure. Son père, sans même lui demander son avis ou lui laisser le temps de s'y préparer, lui annonça qu'il la ramenait avec lui à Londres. Elle se devait d'être auprès des siens en ces temps sombres qui s'annonçaient. Le temps était venu pour l'héritière de reprendre cette place qui lui était due. Aeris avait levé un sourcil, interrogeant du regard ce bien étrange paternel qui était le sien. Mais, la curiosité étant un défaut féminin qu'elle entretenait avec délectation, elle ne s'opposa pas à cette singulière décision. Le jour suivant, sans même un  regard jeté par dessus l'épaule sur cette enfance et ce pays qui étaient les siens et qu'elle abandonnait sans même une once de regrets, Aeris transplana avec son père. Direction Londres.

Family ties




L'Angleterre... Aeris y était déjà venue par le passé. A l'occasion de ce Tournoi de la Coupe de Feu qui, et elle s'en souvenait avec un sourire sadique mais tendre sur les lèvres, avait vite tourné au plus magnifique des bordel. Un élève y avait perdu la vie et cet insupportable Potter et ses amis en étaient, déjà, ressortis comme nimbés d'une aura de gloire qui la dégoûtait au plus haut point. Mais, aujourd'hui, ces souvenirs eurent vite fait de s'estomper devant ces paysages qui s'offraient à elle et qu'elle regardait, dévorait avec une avidité étrange. Cest là où elle était née et où, si ses parents n'en avaient pas décidé autrement, elle aurait du grandir. Alors que son père lui faisait visiter Londres, l'emmenant courir les magasins afin de lui constituer une garde robe digne de son rang, la jeune femme sentait le trouble et comme une once d'appréhension monter chez l'homme. Il souriait, se forçait même à rire mais, dès qu'elle osait le questionner sur cette famille qui était la sienne alors le regard se faisait soudainement plus sombre, les traits plus durs et la main qui tenait la sienne resserrait douloureusement son étreinte. Visiblement il ne faisait pas bon se montrer trop curieuse. Soit. Elle patienterait. Aeris avait bien attendu plus de seize ans ce n'était pas quelques minutes supplémentaires qui allaient venir à bout de sa patience !

Le soleil déclinait à l'horizon, baignant le côté sorcier de la capitale anglaise dans un halo de lumière grise orangée. Le paternel Thorne venait de faire visiter à sa fille l'entreprise familiale. Celle-ci avait bien tenté de se montrer intéressée mais il semblait évident que son esprit était ailleurs. Alors que la jeune femme pensait, si naïvement, que le temps était enfin venu pour eux de se rendre au Manoir familial, elle eut la désagréable surprise de voir son père l'entraîner dans un vulgaire restaurant. Là, pendant qu'ils sirotaient un apéritif, Thorne sembla se dandiner sur son siège, ne sachant visiblement pas comment amorcer une discussion qui s'annonçait quelque peu épique et difficile. Aeris ne dit rien, lui laissant l'initiative. Mais, lorsque celui-ci se décida enfin, la jeune femme en lâcha sa fourchette et, ne pouvant dissimuler sa surprise, ouvrit cette fois des yeux plus grands que des soucoupes. Thorne parlait, son regard froid planté dans celui de son infante. Les mots s'écoulaient de sa bouche, acérés et cinglants. Elle passa très vite sur le passage où il lui exposait son allégeance aux Mangemorts et sur sa volonté de la voir le rejoindre. Cela, elle s'en préoccuperait plus tard. Non, ce qui la stupéfia, fut le détachement dont fit preuve l'homme lorsqu'il lui annonça le décès de sa mère. Morte ? Quand, comment et pourquoi ? Voilà les questions qui surgirent dans l'esprit de la jeune femme mais qui, hélas, demeurèrent sans réponse. Il semblait évident que le si important petit monsieur préférait ne pas s'attarder sur le sujet ! Comme s'il avait tenu un rôle aussi nauséabond que sulfureux dans ce décès... Etrange... Cependant, comme mue par un instinct de préservation, Aeris ne dit rien et attendit la suite. Les funérailles auraient lieu le lendemain et, bien évidemment, il serait alors temps pour elle de faire son entrée dans le monde. Il comptait vraiment la présenter aux autres lors de si terribles circonstances ? Non seulement cela était plus que déplacé mais elle ne put s'empêcher que cela était totalement et parfaitement hors de question ! Primo elle abhorrait les cimetières et les églises. Secundo elle se voyait mal pleurer une femme qui, si elle lui avait donné le jour, avait aussi eu vite fait de l'abandonner ! Et, tertio, elle se doutait que la réaction de son jumeau inconnu, pour peu qu'il lui ressemble, soit des plus explosives ! A sa place, Aeris elle-même aurait bien mal réagi. Le partage et la mansuétude étant deux qualités dont elle était dépourvu elle se doutait déjà qu'il devait en être de même pour ce Lucan dont elle ignorait encore tout. Mais ses récriminations et ses suppliques demeurèrent lettres mortes. Son père avait pris sa décision et, apparemment, la jeune femme tenait son obstination de lui. Il était donc inutile de chercher à s'opposer.

Le lendemain, à l'heure convenu, l'elfe de maison des Thorne apparut dans la suite de la jeune héritière et, après mille courbettes maladroites, elle emmena Aeris au lieu où les obsèques devaient se tenir. Comme elle s'y attendait, tout le monde était déjà présent. Sans trembler ni même ciller, resplendissante malgré l'austérité de son tailleur noir, l'héritière fit ce qu'on attendait d'elle. Venant à la rencontre de ce père qui, pour l'occasion, avait revêtu un air aussi effondré que feint, elle déposa une bise légère sur sa joue avant de, pour la toute première fois, se tourner face à celui qui, bientôt, serait son autre. Lucan... Combien de fois, depuis que la vérité avait éclaté au grand jour, s'était-elle imaginée ce moment où, enfin, ils se rencontreraient ? Des millions, à n'en pas douter, mais la réalité dépassa, et de très loin, toutes ses espérances. Au moment même où leurs regards se croisèrent son cœur se mit à battre un peu plus fort. Comme s'il venait de trouver cette partie, cette essence qui lui manquait pour être parfaitement complet. Pendant un très long, trop long même vu les circonstances, moment les deux jumeaux s'observèrent. Et leur gémellité, sans pour autant être flagrante, ne pouvait que sauter aux yeux. Du moins pour elle. Et pour lui aussi, elle en aurait mis sa main à couper ! Alors qu'elle le regardait, c'est elle qu'elle voyait. Quand elle se pencha pour l'embrasser, lorsque ses lèvres touchèrent l'épiderme du jeune sorcier, elle reçut comme une décharge électrique. A ce moment précis, alors même qu'aucun mot n'avait même été prononcé, elle sut que, dorénavant, elle ne serait plus jamais seule. Non, maintenant et quelque puissent être les ténèbres qui les menaçaient tous, Lucan serait là pour elle. Et, elle, pour lui. Ils étaient un. Ni l'un ni l'autre ne l'avaient voulu. Ni l'un ni l'autre n'en avait besoin. Mais c'était un fait. Lucan et Aeris, des jumeaux séparés à la naissance et qui ne se connaissaient pas encore, ne faisaient qu'un. Et, même ce père qui se tenait à présent entre eux ne pourrait s'interposer. Il les avait réunis. Il en payerait bientôt le prix. Et celui-ci serait des plus élevé !





Totem & Tabou



Le dîner qui suivit les obsèques fut des plus...étranges. Le père Thorne, semblant avoir déposé dans la tombe de son épouse jusqu'au moindre des souvenirs la concernant, il agissait comme si la situation avait été la plus normale qui fut. La plus banale même. Il parlait à ses jumeaux, faisant comme si, jamais, ceux-ci n'avaient même été séparés. Cela en aurait décontenancé plus d'un ! Mais, aussi bizarre que cela puisse paraître, les jumeaux aussi entrèrent dans son jeu. Au cimetière s'était instauré entre eux une complicité tacite qui les unissait au-delà de tout ce que ce père aurait bien pu leur dire, leur ordonner. Lucan et Aeris se connaissaient, se comprenaient, sans même rien savoir de l'autre. Et, pour la jeune fille, peu lui importait bien de savoir quoique ce soit sur celui que, déjà et dès le premier soir, elle considérait comme son autre. Non, elle n'avait jamais ne serait-ce que caressé le rêve d'avoir un frère mais, l'eut-elle fait, qu'elle n'aurait pu espérer mieux que Lucan. A ses yeux ce jeune homme de seize ans était tout simplement parfait. Comme elle l'était. Le repas se déroula donc selon le bon vouloir du maître de maison. Les conversations allaient bon train, les rires fusaient même de part et d'autre. Sinistre farce à laquelle tous se livraient presque de bon cœur. Si tant est que le mot coeur soit seulement connu de ces trois là ! Les Thorne n'aimaient rien ni personne qu'eux-même. Et la moindre de leurs actions n'était guidée que par une seule chose : satisfaire les appétits ambitieux du patriarche. Du moins était-ce ce que ce dernier aurait bien souhaité ! Pour lui tout était déjà joué : sa femme enterrée, ses jumeaux à ses côtés et Lord Voldemovt entâmant une guerre sans merci aux fichus Mages Blancs... L'avenir serait rose pour eux. Les affaires secrètes et illicites de la famille prospéraient de jour en jour, asseyant un peu plus leur sombre notoriété. La bataille serait, pensait-il si naïvement, gagné par les Mages Noirs et, alors, Thorne deviendrait l'un des plus proches généraux de Voldemort. Et ses enfants, eux, perpétueraient la tradition familiale. Que de beaux projets ! Qui, tous, ne tarderaient pourtant pas à partir en fumée ! Les chiens ne font pas des chats et les jumeaux Thorne avaient au moins hérité cela de leur père : la cruauté et la sournoiserie. Malheureusement pour leur géniteur, la ressemblance s'arrêtait là. Pire, les élèves étaient sur le point de dépasser le maître. Et de la plus sanglante des façons.

Aeris n'avait pas mis longtemps avant de découvrir l'entraînement inhumain auquel son frère était soumis sans le moindre ménagement. Son père voulait faire de Lucan un homme d'airain que nulle douleur, physique ou morale, n'atteindrait. Un homme de pierre dont le cœur ne se perdrait jamais dans les turpitudes des amours inutiles et insipides. Et, pour parvenir à ses fins, le patriarche usait des pires moyens. Chaque jour que son jumeau passait entre les murs de la maison était un véritable enfer pour lui. Séances de tortures pendant lesquelles le jeune homme endurait les sorts les plus impardonnables qui soient afin d'augmenter sa résistance physique et mentale. Et si cela ne suffisait pas, les poings poursuivaient l'oeuvre du père. Aeris n'assistait que très rarement à ces séances qui la dégoûtaient bien plus qu'elle ne l'effrayaient réellement. La cruauté, la violence la fascinaient et elle leur trouvait une beauté incommensurable. Mais les voir ainsi fondre sur son jumeau et meurtrir ses chairs était plus qu'elle ne pouvait supporter. Une fois, une fois seulement, elle avait tenté d'intervenir, de s'opposer à cette folie paternelle. Grand mal lui avait pris ! Loin de sauver son frève adoré elle l'avait rejoint dans son calvaire. Les vociférations de protestation de son jumeau avait rugi tandis que ses hurlements de douleur à elle avait résonné dans tout le manoir. Pendant presque trois jours elle n'avait pu quitter la chambre. Et son corps conservait, aujourd'hui encore, les cicatrices de ce jour où le père Thorne avait, sans même s'en douter une seule seconde, scellé son destin. Car, ce jour-là, après que les tortures aient enfin cessé et que Lucan et Aeris se soient retrouvés seuls dans la chambre de celle-ci, le plus sombre et parricide des projets avait vu le jour.

Le père Thorne devait mourir. Cela faisait deux ans que leur mère reposait en terre. Deux très longues années que cet homme, sous prétexte qu'il leur avait donné la vie, entendait régir les leurs. Lucan serait modelé à son image et Aeris, elle, semblait vouée à n'être qu'une bien jolie poupée qu'il entendait bien céder au premier bon parti qui se présenterait. Et il avait déjà tenté, par deux fois, de le faire. La première fois Lucan avait si bien rossé l'impudent prétendant que celui-ci était retourné pleurer dans les jupons de sa mère. Le second, lui, avait été bien plus difficile à repousser. Aeris avait eu beau tout y faire rien ne semblait le détourner de ce projet de noces auquel, elle se l'était jurée, elle ne se soumettrait jamais ! Même les tentatives de dissuasion, toujours des plus musclées, de son jumeau n'y avaient rien fait. Ce fils de Mage Noir comptait bien épouser Aeris. Par amour ? Pas même. Tout ce que voyait cet homme était l'argent et la position sociale qu'elle apportait en dot. Hors de question pour les jumeaux qui n'eurent d'autre solution que de confiner cet idiot dans le seul endroit d'où il ne reviendrait jamais : un cercueil soigneusement enfoncé six pieds sous terre ! Un meurtre... Et alors ? Cela n'était pas le premier et sûrement pas le dernier que ces jumeaux issus des enfers commettraient. Sans compter que, si la mort de Lord Voldemort avait bien affaibli leur père cela avait aussi fait de Lucan un être plus démoniaque que jamais. Aeris s'amusait beaucoup de savoir que le démon de la Luxure avait jeté son dévolu sur son jumeau pour poser ses bagages. Presque jalouse de la nouvelle puissance de son frère elle se consolait en se répétant que cela ne pourrait que servir leur intérêts. Les siens en premiers bien sur ! Son jumeau nouvellement démoniaque et elle prirent donc un plaisir de plus en plus grand à mettre en terre tous ceux qui osaient ainsi venir la courtiser. Même celui que, deux mois plus tôt, elle n'avait pu qu'épouser sous la pression physique de ce père qu'elle ne supportait plus. Sa nuit de noce fut un cauchemar qui la traumatisa à jamais mais dont elle se refuse toujours obstinément à parler. Pas même à Lucan d'ailleurs. Non, ce cauchemar lui n'appartient qu'à elle et c'est sans nuls doutes pour cela qu'Aeris décida de tuer, seule, son mari. Plutôt douée une baguette à la main, elle préféra cependant délaisser celle-ci pour donner à ce crime des airs de malencontreux accident. Son mari mourut donc, le pauvre, des suites d'une banale chute de cheval. Quel dommage, n'est-ce pas ? Aeris, ayant eu l'exemple de son père, joua les veuves éplorées. Et elle le fit tant et si bien que nul ne la soupçonna jamais. Pire, les gens firent preuve d'une telle compassion à son égard qu'elle en rit encore aujourd'hui.

Tuer était si simple ! Oh, certes, les premières fois conserveraient à jamais une saveur particulière dans ses souvenirs de veuve noire en devenir. Ces frissons d'excitation et de peur qu'elle avait éprouvés lors de ces premiers meurtres avaient eut tôt fait de disparaître lorsque la routine s'était installée. Aujourd'hui tuer lui était devenu aussi naturel ou presque que le fait de respirer. Et Aeris se lamente parfois de s'ennuyer dans ces assassinats qu'elle continue de commettre dès lors qu'un homme s'immisce un peu trop dans sa vie ou dès lors qu'un homme commence à prendre un peu trop d'importance dans son lit et son cœur point de menacer la quiétude fusionnelle des jumeaux. Pas plus qu'elle ne tolère ni ne supporte de voir sa moitié si stupidement s'enflammer pour cette gamine de Themis Devereaux, Lucan ne tolère pas de voir sa sœur s'enflammer pour un autre homme que lui. Mais Aeris étant une hédoniste et une parfaite succube faite femme, les hommes défilent. Aucun ne demeure jamais longtemps... et ceux qui ont cette malchance finissent toujours par périr de la main de l'un des deux jumeaux. Quand ce n'est pas tout bonnement des deux ! Car, soyons réaliste, ce qui unit les jumeaux Thorne va au-delà même de ce que l'Amour, même avec le plus grand des A, ne pourra jamais apporter ! Aeris et Lucan ont commis le plus odieux des crimes aux yeux de cette société qui n'hésiterait pas à les mettre à mort si jamais la vérité se savait. Ils ont scellé leur union dans le sang et la mort de ce père bourreau. Les jumeaux on tué le père, brisant le plus séculaire des tabous. Ils ont tué le père pour devenir libres. Ils ont tué le père. Freud doit être content...


BEHIND THE SCREEN
Pseudo : Parfois une Lollipop à la fraise me prend pour son Schockobon ^^
Âge : Le même qu'hier je pense Razz
Comment avez vous connu le forum : Mon psy m'a conseillé d'y venir pour soigner (aggraver? ) ma schizophrénie ?
Un dernier mot : J'ai soif : où est le bar ? L'Amour est un pêché mortel ... et tant mieux !  3224530141
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MessageSujet: Re: L'Amour est un pêché mortel ... et tant mieux ! L'Amour est un pêché mortel ... et tant mieux !  I_icon_minitimeMer 4 Sep - 12:25

Le meilleur des Schockobon qui plus est !!! L'Amour est un pêché mortel ... et tant mieux !  880010591 
J'adore ta fiche !!! L'Amour est un pêché mortel ... et tant mieux !  3451044900 
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*Whistle*

PNJ/MJ
MessageSujet: Re: L'Amour est un pêché mortel ... et tant mieux ! L'Amour est un pêché mortel ... et tant mieux !  I_icon_minitimeMer 4 Sep - 12:28

Ta fiche est vaildée L'Amour est un pêché mortel ... et tant mieux !  3499019139
Et le bar est juste là ! (sous mon pif L'Amour est un pêché mortel ... et tant mieux !  3415185983 )
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Peste soit de la Luxure !
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Themis J. Devereaux

Peste soit de la Luxure !
MessageSujet: Re: L'Amour est un pêché mortel ... et tant mieux ! L'Amour est un pêché mortel ... et tant mieux !  I_icon_minitimeMer 4 Sep - 15:09

Merci ma Lollipop L'Amour est un pêché mortel ... et tant mieux !  3499019139

Et, Whistle: pour le bar je m'en doutais à peine Angel

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MessageSujet: Re: L'Amour est un pêché mortel ... et tant mieux ! L'Amour est un pêché mortel ... et tant mieux !  I_icon_minitime

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L'Amour est un pêché mortel ... et tant mieux !

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